Le chrono avance, l’ambiance sociale se chauffe de plus en plus, la campagne électorale bat son plein. D’aucuns se demandent si l’heure d’alternance politique aurait-elle sonné dans le pays qui se nomme soi-même « la Perle de l’Afrique ». Et pourtant, à 90 ans d’âge dont près de la moitie s’est écoulée au pouvoir, le vieux Yoweri KAGUTA MUSEVENI, est loin de l’idée de céder le fauteuil présidentiel.
Par ailleurs, il s’est levé un opposant, trop léger fût-il sur la balance politique pour faire face au vieux croco. KYAGULANYA Robert alias BOBI WINE, star de la musique, est ce jeune qui secoue le milieu des jeunes, mais surtout sa propre base, la communauté « BAGANDA ». Sa chance, à l’instar du colonel KIZA BESIGYE de l’époque révolue, repose sur la campagne à la xénophobie, ciblant explicitement les ressortissants Congolais, Sud-Soudanais et somaliens vivant en Ouganda.
En effet, la tribu Baganda n’a jamais oublié la nostalgie de l’époque où le feu président Idi Amin avait chassé les Indiens pour distribuer en héritage aux “Baganda” leurs patrimoines, une histoire qui justifie le fait que le peuple Baganda soit essentiellement « commerçant », après s’être constitué un capital à partir des biens confisqués aux dépens des Indiens jadis persécutés par le pouvoir en place.
Aujourd’hui le mode de vie du Congolais vivant en Ouganda et le niveau de vie des réfugiés Somaliens et Sud-Soudanais excitent une folle jalousie des habitants autochtones de Kampala. Mais il faut trouver un alibi pour justifier la persécution à leur infliger.
Toute la machination des Baganda se résume en ces termes : “ce sont les réfugiés congolais, Sud-Soudanais et Somaliens qui donnent au président Museveni des voix qui lui permettent de se maintenir indéfiniment au pouvoir à l’issue de chaque élection présidentielle”; “Comment se fait-il que ces etrangers menent une vie relativement plus aisée que les autochtones?”
Mais les conspirateurs eux-mêmes savent suffisamment que cette allégation n’est juste qu’un prétexte. Car la vérité serait plutôt que l’éternel président ougandais triomphe aux urnes plutôt par tricherie.
En fait les observateurs ont dévoilé qu’en 2016, ce fut le colonel KIZA BESIGYE qui aurait gagné aux urnes, autant qu’en 2021, le novice politique BOBI WINE aurait été victime de tricherie du pouvoir en place en faveur de Museveni.
Actuellement, malgré la popularité impressionnante de BOBI WINE, les fanatiques de l’opposition politique ougandaise restent pessimistes, préjugeant qu’une fois de plus la tricherie plane déjà aux horizons pour maintenir le « statu quo » politique en Ouganda.

Ainsi donc, si BOBI WINE en vient à échouer à la prochaine présidentielle en faveur de Museveni, alors le peuple Baganda jure prendre le schéma des revendications qu’on a observé au Kenya il y a quelques mois, ou alors s’inspirer du courage des Tanzaniens qui ont tenté de défier la récente victoire de Samia Sulubu Hassan par des violentes manifestations.
Mais pour le cas de l’Ouganda, ce ne sont pas essentiellement les patrimoines de l’état qui seront visés par la violence, mais plutôt des sujets Congolais, Sud-Soudanais et Somaliens avec leurs biens. Le slogan résonne déjà comme un réveil, « l’Ouganda aux ougandais ».
Ainsi se réalise une des logiques humaines les plus courantes, celle de pouvoir rechercher un bouc émissaire lorsque les choses n’ont pas marché comme on l’aurait souhaité. Il convient de comprendre ici déjà une alerte appelant à prendre des mesures de protection les plus appropriées en faveur des communautés ciblées.
Kampala, le 23/12/2025
L’Editeur de Trompette de l’Est








