DÉMOCRATIE, CE DÉMON PERNICIEUX…

Le monde parle “Démocratie”. Il nous l’interprète en termes suivants : « La démocratie est un régime politique où le pouvoir appartient au peuple, défini comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Issu du grec dêmos (peuple) et kratos (pouvoir), ce système assure la souveraineté citoyenne via des élections libres, le suffrage universel et le respect des libertés individuelles. »

Serait-ce juste un slogan démagogue ou un terme « efficient », c’est-à-dire qui désigne la capacité à obtenir de bons résultats avec un minimum de dépenses, d’efforts, de temps ou de ressources, dans le rêve des peuples qui voudrait se projeter un avenir social heureux ?

Que signifie « Démocratie » en Afrique ? – Beaucoup de penseurs, experts et vulgaires, donnent aujourd’hui une interprétation surprenante. Et, leurs affirmations ne sont pas toujours gratuites. Les réalités quotidiennes tendent à appuyer la convergence de leurs convictions analysant la « démocratie » comme étant composé de « Demon » et « Cratie ». Certes, nous ne sommes pas dans une interprétation grecque du mot, mais plutôt purement francophone. En effet, si le Grec nous présente la démocratie comme étant le pouvoir du peuple, la réalité présente la démocratie comme le pouvoir du démon sur le peuple.

“Les fruits de la Démocratie en Afrique, c’est le tribalisme, le régionalisme, les guerres de sécession, l’anarchie, la balkanisation,… preuve palpable d’un veritable régime de démon, tant il est vrai que le propre de démon, c’est de propulser le malheur parmi les hommes !”

La perception de la démocratie comme un « régime des démons » ou une fiction en Afrique provient du détournement des idéaux démocratiques en régimes autoritaires, le maintien au pouvoir par des élections frauduleuses, et la désillusion face à l’absence de développement. Cette critique dénonce des parlements factices, la répression des libertés, et une gouvernance corrompue malgré le multipartisme.

Détournement du pouvoir

Des dirigeants utilisent des élections truquées pour se maintenir au pouvoir, transformant la démocratie en un outil de légitimation autoritaire. Une fois au pouvoir, les dirigeants ne veulent plus quitter le fauteuil. On s’emploie à manipuler et à modifier la Constitution à son gré dans le calcul de se pérenniser au pouvoir et d’y renforcer le plus possible ses prérogatives. Tel est le cas aujourd’hui, en Ouganda, de cette ambition d’étendre le mandat politique des parlementaires et du président de la République de cinq à sept ans. Le président du parlement ougandais, madame Anita Among, a ouvertement exprimé ce vœu ce jour dans la session politique qui se tient à Kyankwanzi. En République Démocratique du Congo, le président Felix Tshisekedi et ses collabos sont dans le calcul similaire, pour forger un troisième au chef de l’Etat en entorse contre la Constitution du pays.

Fictions démocratiques

Des régimes maintiennent des apparences démocratiques (élections, chambres parlementaires) pour se conformer aux normes internationales, mais ne respectent pas les principes de base, aboutissant à une “démon-cratie” plutôt qu’une démocratie.

Désenchantement économique et social

La démocratie est souvent perçue comme inefficace pour apporter le développement et la bonne gouvernance, affaiblissant l’espoir initial placé en elle. Les dirigeants se comportent en prédateurs qui, à cause d’une cupidité insatiable, s’accrochent obstinément au pouvoir, en dépit de leur bilan constamment désastreux sur tous les plans, allusion faite à la gestion des choses publiques, l’économie, le social, les infrastructures…

Répression et libertés restreintes

Dans de nombreux cas, les journalistes et l’opposition sont menacés ou emprisonnés, ce qui contredit les fondements de la démocratie. Seules les personnes au pouvoir peuvent utiliser le media officiel en cas de campagne électorale. L’opposition n’a pas droit à l’accès aux moyens publics.

Besoin de redéfinir la “démocratie” africaine 

L’Afrique a sa culture, ses coutumes et ses traditions. Parachuter une démocratie calquée entièrement sur le modèle occidental sera toujours de nature à entrainer des effets fâcheux. Il est dommage qu’au nom du modernisme, les filles et fils de l’Afrique aient choisi d’assumer l’acculturation, prenant délibérément l’engagement de se dépouiller de ses valeurs propres pour s’assujettir aux offres culturelles occidentales, même si ces dernières ne masquent guère leurs antivaleurs.

En matière de la Démocratie, tout comme dans tout autre domaine, il est important que l’Afrique de notre temps sache faire la symbiose des choses, faire le bon triage dans ses trésors propres et dans ce que lui apporte le concert des nations occidentales et orientales. Car une sagesse de l’Afrique de l’Ouest le dit bien : « Personne ne se libère seul, et nul ne libère l’autre, mais tout le monde se libère ensemble ». Ceci devrait mieux s’interpréter en termes du « rendez-vous de donner et de recevoir »

 

La Trompette

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